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C'était un jour de grande foule. Jérusalem, la ville sainte, était envahie par les pèlerins. Une douce impatience gagnait les esprits et les cœurs. Chacun s’apprêtait à célébrer la Pâque, cette extraordinaire manifestation de la puissance bienveillante de Dieu à l’égard de son peuple. Jésus, assis sur un ânon, entre dans la cité de David. Il est acclamé par les personnes qui l’accompagnent. Elles reconnaissent en lui le Messie : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !".

Nous ne savons pas grand-chose de la foule qui entourait Jésus ce jour-là, ni de celle qui assistera à sa Passion. Une personne ou l’autre sort cependant du strict anonymat. Il y a d’abord le possesseur du petit âne qui se laisse déposséder de son bien parce que "le Seigneur en a besoin". Il y a ensuite le propriétaire de la salle où le Seigneur et ses Apôtres partageront le dernier repas : "Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples"".

Pourquoi l’évangéliste s’est-il abstenu d’identifier les personnages que nous venons d’évoquer alors qu’il a pris soin de nommer Simon de Cyrène, un obscur paysan qui revenait des champs ? Peut-être était-ce pour permettre à chaque croyant de s’identifier à cette personne généreuse qui se défait de son bien pour le Seigneur, ou encore à cette personne accueillante qui a su ouvrir son logis à l’appel du Maître. N’est-ce pas en définitive à chacun de nous que le Seigneur lance cette invitation : "c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque". Ayons à cœur de répondre à son désir.

Père Luc Fritz, assomptionniste